imagesCA136H9LPlusieurs lectures d'aujourd'hui nous invitent à la joie : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! », nous répète saint Paul après le prophète Sophonie. Sommes-nous d'accord pour recevoir cet appel insistant exprimé sur le mode impératif ? Est-ce raisonnable de prêcher cela dans un monde marqué par des inquiétudes politiques, économiques, sociales et écologiques ? Dans une paroisse où chacun d'entre nous a son fardeau de soucis de travail, de santé, de famille, pour nous-mêmes, et pour les enfants, les petits enfants ? De plus, en ce dimanche de la paix, le mouvement Pax Christi nous rend attentifs aux problèmes internationaux. Voilà que, pendant ce temps de préparation à Noël, nous sommes engagés sur une route, une étoile nous guide pour marcher vers le prince de la paix. N'est-ce pas une espérance, source de joie et de paix ?

« L'espérance ne trompe pas » (Rm 5, 5)

Ce qui caractérise les chrétiens dans ce monde, n'est-ce pas leur espérance ? Elle est comme une « étoile au grand large » (Guy de la Rigaudie). Elle donne un but à notre vie… L'étoile de Bethléem a mis en route les mages de l'Orient et les a guidés dans le désert et la nuit jusqu'à Bethléem ; alors, ils purent rencontrer Jésus, le « prince de la paix ». L'espérance chrétienne a donné force et courage à combien de saints et de saintes au cours des siècles ? « Marcher vers notre Dieu, cela légitime tous nos rêves. » Notre vie a un sens… L'espérance chrétienne ne trompe pas (Rm 5, 5). Elle n'est pas l'œuvre de l'homme ni la projection de ses désirs. Elle est un cadeau gratuit de Dieu notre Père, une vertu théologale, une force qui vient d'en haut. Elle nous fait désirer un bonheur parfait après notre mort mais aussi, dès maintenant, sur cette terre, elle nous donne chaque jour la grâce actuelle pour faire face à toutes nos responsabilités. Jésus marche avec nous dans nos activités quotidiennes. Il est toujours là avec nous. Bien qu'invisible, il se fait notre compagnon fidèle ; il ne nous abandonne jamais. Il nous l'a promis et nous savons qu'il tient toujours ses promesses. En même temps, il nous donne sans cesse son Esprit Saint pour parler, pour agir, pour prier. Savons-nous reconnaître et utiliser cette présence quotidienne de Jésus et de son Esprit Saint pour soutenir notre marche ?

« Soyez dans la joie » (Ph 4, 4)

L'espérance chrétienne engendre en nous la joie. Saint Paul est en prison lorsqu'il nous invite si vigoureusement à la joie. « Réjouissez-vous dans le Seigneur ! » Le motif de notre joie, c'est le Seigneur. Elle est un fruit de l'Esprit Saint dans un cœur généreux. C'est ce qui fait chanter le Magnificat à la Vierge Marie. La joie est le thermomètre de notre vie surnaturelle. Peu de joie indique que la ferveur manque. La joie est signe de notre communion avec la sainte Trinité, notre bonheur. « Si quelqu'un parmi vous est triste, qu'il prie ! », nous dit saint Jacques (Jc 4, 13). Sainte Thérèse de Lisieux écrit : « Ah ! Je l'ai bien senti ; la joie ne se trouve pas dans les objets qui nous entourent, elle se trouve au plus intime de l'âme, on peut aussi bien la posséder dans une prison que dans un palais. » Le Seigneur est la joie qui dépasse toute joie et en dehors de laquelle il n'est pas de joie. « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11.) Jésus ressuscité est vainqueur du mal et nous entraîne dans sa victoire. Ce fut la grande joie des apôtres au soir de Pâques. « La joie de voir le Seigneur inonde les disciples. » (Jn 20, 20.) Ce peut être aussi la nôtre en célébrant l'eucharistie. Retenons le refrain du cantique d'Isaïe de ce jour : « Laissons éclater notre joie : Dieu est au milieu de nous. »

« Je vous donne MA paix » (Jn 14, 27)

« La paix de Dieu qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus », nous dit saint Paul dans la deuxième lecture. C'est la paix de Jésus qui ne ressemble pas à celle des hommes. « Je vous donne ma paix. Ce n'est pas à la manière du monde que je vous donne. Que votre cœur cesse de se troubler et de craindre. » (Jn 14, 27.) C'est l'annonce des anges de Noël aux bergers : « Paix sur la terre aux hommes qu'il aime ! » C'est le premier mot du Ressuscité le soir de Pâques aux apôtres découragés et enfermés dans le Cénacle : « La Paix soit avec vous ! » Il le répète trois fois.

La paix n'est pas seulement l'absence de guerre ou de conflit. Elle n'est jamais acquise une fois pour toutes ; elle est sans cesse à construire. Sa réalisation exige que chacun maîtrise ses passions. La paix qui naît de l'amour du prochain, est l'effet de la paix du Christ. Jésus demande à chacun de nous d'être des artisans de paix, là où nous sommes, dans nos familles, nos communes, nos lieux de travail. Chaque chrétien, aujourd'hui, doit se considérer comme responsable pour sa part, du progrès de l'esprit de paix dans l'humanité.

 

Une reflexion de Jean RIVAIN